De tout Homme de verre on peut dire que sa vulnŽrabilitŽ est une vulnŽrabilitŽ qui blesse. Mais, m�me pour celui qui se tient dans une vision coupŽe de Dieu comme de la terre, peut-on dire quÕil volait en Žclats ? Mohamed Kadded avait peut-�tre prŽmaturŽment foulŽ les Žclats, brisures, fragments de ce quÕon appelle communŽment Ç la vie È.

Ç Je suis un vieil homme, qui Žcrit depuis toujours

attachŽ ˆ un piquet.

JÕai tentŽ quelquefois de vous mettre en deuil,

MÕŽtendre, couper la corde.

Mais cette pensŽe sÕen est retournŽe.

PenchŽ au fond de mon �tre,

Je ramasse un morceau de verre.

Le dŽbris me blesse.

De ce sang jaillit un Žcrit

Qui refl�te mon passŽ. È

Ecrivait Mohamed Kadded dans LÕhomme de verre.

Il savait peut-�tre dŽjˆ que le verre, poli ou brisŽ, accentue pour qui sait le voir le discours et lÕexpŽrience de la lumi�re.

 

Mohamed Kadded, po�te et cinŽaste (rŽalisateur de, notamment, LÕempreinte amoureuse, 2000), auteur de LÕhomme de verre (Le Portefaix, 2000), nous a quittŽs en aožt 2007.

 

 

L'homme de verre